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Normes · Suisse romande

Vieillir chez soi : adapter sa salle de bains selon la SIA 500, avant d'en avoir besoin

La norme sur les constructions sans obstacles ne vise pas que les bâtiments publics. Ce qu'elle vous apprend coûte presque rien pendant les travaux, et très cher après.

Salle de bains terminée avec douche de plain-pied sans ressaut, barre d'appui en inox et porte coulissante large.
Une douche sans ressaut et une porte large ne coûtent presque rien tant que le chantier est ouvert. Image de synthèse

La norme SIA 500 traite des constructions sans obstacles. Son édition en vigueur date de 2009, complétée par deux rectificatifs, C1 en 2011 et C2 en 2013, et par un document d’interprétations publié par la SIA. Dans l’esprit de la plupart des gens, elle concerne les bâtiments publics, les immeubles neufs et les fauteuils roulants. C’est vrai, et c’est incomplet.

Ce qu’elle décrit surtout, c’est une salle de bains où l’on peut se déplacer, se retenir et s’asseoir. Autrement dit une salle de bains utilisable à quatre-vingts ans, après une opération de la hanche, ou simplement avec une jambe dans le plâtre.

Vous n’êtes probablement pas obligé de l’appliquer chez vous. L’intérêt est ailleurs : c’est un cahier des charges gratuit, écrit par des gens qui ont réfléchi au problème, et disponible au moment précis où l’appliquer ne coûte presque rien.

Le calcul qui devrait décider

Une rénovation de salle de bains est un moment rare. On casse, on ouvre les murs, on refait la chape, on retire le carrelage. Pendant quelques jours, tout est accessible.

Certaines adaptations, faites à ce moment-là, représentent un supplément marginal sur le budget total. Faites dix ans plus tard, elles supposent de tout rouvrir, donc de refaire un chantier complet.

C’est toute la question. Il ne s’agit pas de savoir si vous voulez une salle de bains d’hôpital. Il s’agit de savoir lesquelles de ces adaptations sont irréversibles si on ne les fait pas maintenant.

Ce qui doit se décider pendant les travaux

Les renforts dans les cloisons

C’est le point numéro un, et le moins cher. Une barre d’appui se fixe dans un mur porteur sans problème. Dans une cloison légère, elle demande un renfort noyé dans la structure.

Poser des panneaux de renfort derrière le futur emplacement des barres, pendant que la cloison est ouverte, représente un coût dérisoire en matériau et en temps. Ne rien poser signifie que la barre, dix ans plus tard, arrachera la plaque au premier appui sérieux, et qu’il faudra rouvrir.

Les zones concernées sont connues : à côté des toilettes, dans la douche, et le long du lavabo. Vous n’êtes pas obligé de poser les barres. Posez les renforts.

La douche de plain-pied

Une douche sans marche est l’adaptation la plus visible et la plus utile. Elle supprime l’obstacle qui provoque les chutes, elle permet d’entrer avec un déambulateur, et elle autorise plus tard l’installation d’un siège.

Elle relève des travaux lourds : pente du sol, position de la bonde, étanchéité continue. Impossible de la créer après coup sans reprendre la chape. Si vous rénovez, c’est maintenant ou dans quinze ans.

La largeur de la porte et son sens d’ouverture

Une porte de salle de bains qui s’ouvre vers l’intérieur est un piège : si quelqu’un tombe derrière, on ne peut plus entrer. Inverser le sens d’ouverture, ou poser une porte coulissante, se décide quand le cadre est déposé.

La largeur de passage se joue au même moment. Élargir une porte suppose de toucher à la cloison. C’est simple pendant les travaux, c’est un chantier ensuite.

Les commandes et les hauteurs

Hauteur de l’interrupteur, position de la robinetterie, hauteur des toilettes, emplacement des prises. Rien de tout cela n’est irréversible, mais tout se fait mieux au moment où les gaines sont ouvertes.

Un point mérite attention : la robinetterie thermostatique, avec limitation de température, évite les brûlures. C’est une sécurité pour les enfants comme pour les personnes âgées, et cela ne change rien à l’usage quotidien.

Les cotes, telles que la norme les écrit

Le canton du Valais publie, à l’usage des communes et des requérants, un extrait de la SIA 500 pour les constructions comprenant des logements. Il permet de citer les exigences sans reproduire la norme. Voici celles qui concernent une salle de bains et son environnement immédiat.

Le local sanitaire (chiffre 10.2) : au moins un par logement ; surface utile minimale de 3,80 m², ramenée à 3,60 m² dans les petits logements ne comprenant qu’une douche et un WC ; aucune dimension du local inférieure à 1,70 m ; porte d’une largeur utile d’au moins 0,80 m, s’ouvrant de préférence vers l’extérieur ; distance de préférence de 0,45 m entre l’angle du local et l’axe de la cuvette de WC.

Ces quatre chiffres se lisent ensemble. Une salle de bains de 3,80 m² dont un côté fait 1,50 m ne remplit pas la condition, même si la surface y est : c’est la dimension minimale qui garantit qu’on peut manœuvrer, pas la surface.

Les seuils (chiffre 10.1.3) : pour les portes de balcon ou de terrasse, une hauteur maximale de 25 mm, à l’intérieur comme à l’extérieur. Une hauteur supérieure n’est admise dehors que si le sol extérieur peut être adapté et que la norme sur les garde-corps reste respectée.

Les escaliers intérieurs au logement (chiffre 10.1.2) : largeur minimale de 1,00 m pour un escalier droit, 1,10 m pour un escalier tournant — ou, à défaut, prévoir l’emplacement d’une plateforme élévatrice à installer plus tard.

Le niveau de séjour (chiffre 9.1.4) : dans un logement sur plusieurs niveaux, le niveau du séjour doit être accessible sans marches, et comporter au minimum un séjour, la cuisine et un WC conforme aux exigences.

Rien dans cette liste n’est coûteux au moment du plan. Tout y devient coûteux ensuite : une porte de 70 cm ne s’élargit qu’en touchant la cloison, et une salle de bains de 1,50 m de large ne s’élargit pas du tout.

Ce qui peut attendre sans regret

Tout le reste, ou presque. Les barres d’appui elles-mêmes, le siège de douche, le miroir inclinable, le rehausseur de toilettes : ce sont des équipements qui se posent en une demi-journée, sans casser quoi que ce soit, le jour où le besoin apparaît.

C’est pour cela que la distinction compte. Ce qui est structurel se décide maintenant. Ce qui est équipement se décide plus tard.

Un mot sur les aides

Des soutiens financiers existent pour l’adaptation d’un logement, notamment lorsque le besoin est établi médicalement. Les conditions varient selon les cantons et selon les assurances sociales concernées, et elles supposent en général que le besoin soit déjà là.

C’est précisément l’argument inverse de celui de cet article. Attendre le besoin ouvre parfois des aides, mais expose à un chantier complet. Anticiper coûte peu et n’ouvre aucune aide. Le calcul se fait au cas par cas, et il mérite d’être fait avant, pas pendant.

La bonne question à poser à votre installateur

Une seule, à poser au moment du devis : « Qu’est-ce qui, dans cette salle de bains, sera impossible à modifier une fois le carrelage posé ? »

Un bon professionnel répondra sans hésiter, parce que c’est exactement la liste ci-dessus. Sa réponse vous dira ce que vous devez trancher maintenant, et ce que vous pouvez remettre à quinze ans.

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